Le covoiturage de colis, une évolution naturelle

colis Publié le 10 juin 2016 par
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Certaines plateformes proposent aujourd’hui la livraison de petits colis (voire de plats cuisinés) sur une courte distance, appelée « dernier kilomètre », séparant plateformes logistiques et consommateur final.

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Dans la même logique écologique, certaines plateformes proposent aujourd’hui la livraison de petits colis (voire de plats cuisinés) sur une courte distance, appelée « dernier kilomètre », séparant plateformes logistiques et consommateur final.

La règlementation actuelle impose, en théorie, aux livreurs pour compte d’autrui – également réputés professionnels, quelle que soit l’importance de leur activité – l’inscription sur un registre professionnel, à l’issue notamment d’une formation de trois semaines et d’un examen. La finalité de ces réglementations est d’autant moins claire qu’elle s’applique à tous les transporteurs, alors que la plupart des pays de l’Union européenne se contentent d’appliquer le règlement européen, cantonné aux véhicules de plus de 3,5 tonnes… En France, l’extension de l’obligation d’inscription s’est faite à la demande des organisations professionnelles de transporteurs, dans l’espoir affiché d’« assainir » la profession. Et de mettre fin à des pratiques de sous-tarification, voire de travail dissimulé, très répandues et favorisées par un rapport de force structurellement défavorable aux transporteurs et un grand nombre de nouveaux entrants peu expérimentés, attirés par la facilité d’accès au métier d’artisan transporteur (son image de liberté, la croissance évidente du secteur d’activité et une perspective de promotion sociale [accès à la position de chef d’entreprise]1).

Outre que ces motivations ne sauraient légitimer des restrictions à des services rendus occasionnellement par des non-professionnels, la logique ayant conduit à légaliser le covoiturage de personnes – domaine où la sécurité des passagers aurait pu préoccuper le législateur – devrait, en toute logique, favoriser la légalisation de cette même pratique dans le domaine des petits colis. Le covoiturage de colis serait ainsi un transport réalisé à l’occasion d’un trajet propre, sans finalité lucrative, ce qui induirait de ne pas dépasser le coût de revient annuel du véhicule utilisé.

Mais ici encore, la concurrence veille et le Syndicat national du transport léger alerte régulièrement les pouvoirs publics devant le risque consistant à laisser faire « de nouveaux acteurs en dehors de toute contrainte légale et administrative2 ».

(1) Arguments rappelés in « Accès aux pro-fessions de transporteur dans le domaine du transport léger », rapport n° 006685- 01 du Conseil général de l’environnement et du développement durable, par Christian Pitié, septembre 2009.

(2) B. Barbedette, « Transports légers : la crainte d’une “ubérisation” du métier se précise », L’Officiel des transports, 14 sep-tembre 2015.